À moins d’une semaine des vacances de Pâques, deux prestataires de handling sur douze aéroports ont déclenché une procédure de grève. Les millions de passagers attendus risquent d’en faire les frais.
Madrid, 23 mars 2026: Le timing ne pouvait pas être plus mal choisi. Alors que l’Espagne se prépare à accueillir des dizaines de millions de voyageurs pour la Semana Santa l’une des périodes de pointe les plus chargées de l’année pour le transport aérien , deux des principaux prestataires de services au sol du pays ont officiellement lancé un préavis de grève. Le compte à rebours est enclenché, et les négociations sont jusqu’ici restées dans l’impasse.
Deux prestataires, douze aéroports, des millions de passagers exposés
Le mouvement débutera le vendredi 27 mars chez Groundforce, avec des arrêts partiels et illimités, avant de se poursuivre chez Menzies les 28 et 29 mars, puis du 2 au 6 avril, sous forme d’arrêts de travail de 24 heures. Ces dates correspondent exactement au cœur de la Semaine sainte et aux départs scolaires dans plusieurs pays européens.
Chez Groundforce, la grève a été convoquée conjointement par les syndicats CCOO, UGT et USO, avec des arrêts prévus sur trois créneaux horaires : de 5h à 7h, de 11h à 17h et de 22h à minuit. Le conflit porte essentiellement sur l’application des grilles salariales et le respect de la garantie de pouvoir d’achat prévue dans la convention collective. Du côté de Menzies, les griefs du syndicat UGT incluent des erreurs persistantes dans les bulletins de paie, le non-paiement des progressions salariales convenues et des conditions de travail jugées abusives, notamment des horaires fractionnés et un effectif insuffisant pour absorber la charge opérationnelle.
Le mouvement touche certains des aéroports les plus fréquentés du pays : Madrid-Barajas, Barcelone-El Prat, Malaga, Palma de Majorque, Alicante, Valence, Ibiza, Bilbao ainsi que plusieurs plateformes des îles Canaries.
Un système déjà sous pression
La situation est d’autant plus préoccupante que les signaux d’alerte ont commencé à clignoter bien avant le début officiel de la grève. Les données de mars montrent qu’en une seule journée, 21 annulations et 447 retards ont déjà été enregistrés dans les principaux aéroports espagnols. Un chiffre qui illustre la fragilité d’un dispositif opérant déjà à flux tendu.
Les compagnies à bas coûts comme Ryanair et Vueling, dont les rotations serrées laissent peu de marges pour absorber les aléas, sont particulièrement exposées. Un retard sur un vol peut rapidement se propager sur l’ensemble du réseau européen, affectant des milliers de passagers bien au-delà des frontières espagnoles.
À ces risques s’ajoute une tension supplémentaire : les contrôleurs aériens de l’aéroport de La Corogne ont averti qu’une grève de leur côté était « quasiment inévitable » si les problèmes de personnel et d’organisation des plannings n’étaient pas résolus rapidement. Une escalade à ce niveau pourrait cette fois toucher l’espace aérien dans son ensemble.
La menace d’un conflit durable
Au-delà de Pâques, c’est bien la perspective d’un conflit social prolongé qui inquiète les professionnels du secteur. Les syndicats ont averti que, faute d’accord, les arrêts de travail pourraient être reconduits tous les week-ends jusqu’à la fin de l’année 2026. Une perspective qui menacerait non seulement la saison estivale la plus chargée de l’année mais aussi la réputation de fiabilité que l’Espagne s’est forgée comme première destination touristique mondiale.
L’UGT a résumé la situation sans détour, en estimant que l’attitude des entreprises et d’Aena pousse les aéroports espagnols au bord de l’effondrement pendant la Semaine sainte, et qu’en l’absence d’évolutions, l’été ne se présente guère mieux.
Des négociations se poursuivent sous l’égide du SIMA, l’organisme de médiation sociale espagnol. Mais le temps presse : dans moins de quatre jours, les premiers vols de la Semana Santa commencent à décoller.
Source: Redaction LCE ( avec l’aide de l’IA )
